_____« L'esprit moins ouvert, ronchonna Bill alors que les jumeaux rentraient dans leur maison après 1/2 heure de car. Qu'est-ce qu'il en sait, lui ?
- Il ne voulait pas être méchant, j'en suis sûr ! dit Tom.
- Tu veux rire ? Ca se voyait qu'il se foutait de moi ce vieux con !
- N'empêche que tu ne le croyais pas quand il a parlé du médiator ! s'exclama Tom lorsque les deux frères rentrèrent dans leur chambre après avoir salué leur mère et leur beau-père.
- Et je n'y crois toujours pas ! »
Bill regarda son frère droit dans les yeux.
« Ne me dis pas que toi tu y crois ?
- Si. »
Bill éclata d'un grand rire en s'effondrant sur son lit.
« Mon pauvre vieux mais tu dérailles ! Il te faisait marcher ! On n'est pas dans Harry Potter !
- Arrêtes !
- Attend ! C'est peut-être Dumbledore !
- Comment tu explique que le médiator saut chaud quand je le prends et qu'avec toi il reste froid ?
- Ya un truc, c'est tout. Fais voir ? »
Tom lui tendis le médiator et Bill l'examina, l'air songeur. Puis il essaya de le tordre mais son frère le lui arracha des mains.
« Arrêtes, tu vas l'abimer !
- Ca va, Tom, c'est juste un médiator ! T'en as des dizaines !
- Oui mais celui-ci est spécial ! »
Bill secoua la tête en regardant son frère comme si il était devenu fou puis il sortit de la pièce. Tom s'assit sur son lit sans détacher son regard du petit morceau de plastique qui chauffait entre ses doigts fins. C'est vrai qu'il en avait des dizaines, pourquoi un de plus ? Mais lorsqu'il l'avait vu dans la vitrine du magasin, Tom avait été littéralement attiré par lui. Une envie irrésistible l'avait poussé à le prendre. Pour le vieillard, Tom était son maître. Et lui aussi avait dit qu'il avait des pouvoirs extraordinaires. Il avait hâte de voir ce que le médiator pouvait accomplir. Il allait attraper sa guitare posée contre un mur lorsque sa mère annonça que le dîner était prêt.
« Alors vous avez passé une bonne journée ? demanda Simone en servant les assiettes de tout le monde.
- Comme d'hab', répondit Bill à côté d'elle. Enfin, Tom va sûrement aller à l'école des sorciers !
- Très drôle ! répliqua Tom.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? demanda Gordon.
- Rien, c'est juste que Bill n'a pas apprécié que quelqu'un lui dise que j'étais plus ouvert que lui alors il se venge !
- Je m'en fiche de ce que pense de moi ce vieux fou !
- Allez-vous enfin nous dire... commença Simone.
- Ce n'est pas parce que tu n'y crois pas que ça ne pourrais pas être vrai !
- Il te faisait marcher ! Et toi, tu cours !
- Tu m'énerves, je m'en vais ! s'exclama Tom en se levant de table.
- Tom reste ici ! protesta sa mère. On n'a pas terminé de diner ! »
Mais Tom avait déjà claqué la porte de la chambre. Enervé par les moqueries de son double, il donna un grand coup de pied dans son lit avant de s'y asseoir. Le médiator y était posé et sa couleur était passée au rouge vif. Tom le prit dans sa main. Il dégageait toujours une chaleur intense. Il alluma sa lampe de chevet et à l'aide de la lumière, il pu l'examiner plus attentivement. Une inscription y était gravée en lettres capitales mais elle était trop petite pour qu'on puisse la lire. Il alla dans le bureau de son beau-père. Bill était à l'ordinateur et son visage s'illumina lorsqu'il vit son frère entrer.
« Viens voir le site que viens de m'envoyer Andreas sur msn ! dit-il.
- Plus tard, répondit Tom en attrapant la loupe posée sur le bureau.
- Qu'est-ce que tu fabriques ?
- T'occupes »
Il se renferma dans sa chambre puis approcha le médiator contre la loupe. Il pouvait désormais lire ce qu'il y avait d'inscrit :
Magic is Might. Il regrettait de ne pas écouter un peu plus en cours d'anglais car il était incapable de savoir la signification de ces trois mots. Il chercha son dictionnaire d'anglais dans toute la pièce et finalement le trouva loin de l'endroit où il aurait du être : sous le lit de Bill.
«
La magie est puissante, murmura-t-il après avoir feuilleté le dico. C'est bien mais ça ne m'avance à rien...
Tom prit sa guitare qu'il posa sur ses genoux. Il commença à gratouiller les notes avec le médiator. Une mélodie que Tom ne connaissait pas s'éleva de sa guitare [
♫]. Celle-ci était douce et magnifique et Tom eu la drôle d'impression de l'avoir déjà joué des centaines de fois. Soudain un bruit de pas précipités se fit entendre et Bill déboula dans la pièce alors que le téléphone se mettait à sonner.
« C'est quoi ça ?
- Quoi ?
- Ce truc que tu as joué !
- Je ne sais pas.
- Comment ça tu ne...
- Bill ! Rachel au téléphone ! s'écria maman.
- J'arrive ! Bon, on en reparle plus tard mais continue, c'est génial ! »
Bill quitta la pièce afin d'aller parler à sa petite amie. Tom reposa sa guitare. Ce n'était pas lui qui avait joué. Le médiator avait guidé ses mains afin de pincer et de faire vibrer les bonnes cordes. Il n'avait jamais ressenti une sensation pareille. Il regarda une nouvelle fois l'expression inscrite sur le médiator.
«
Magic is Might » dit-il tout haut.
Le dernier mot avait à peine franchit ses lèvres que le médiator s'anima. Il se mit à trembler entre ses doigts avant de s'immobiliser. Les yeux exorbités, Tom vit l'expression
Magic is Might disparaître avant d'être remplacée par une autre, écrite en plus grand :
Make a wish. Il la relut plusieurs fois pour être sûr qu'il avait bien lu. Le médiator lui demandait de faire un v½u ! Aussitôt, des centaines d'idées lui vinrent en tête.
« Euh, je sais pas...dit Tom en parlant tout fort. Il y a plein de trucs que j'aimerais... »
Il réfléchit en regardant par la fenêtre. Il y avait un rêve qu'il partageait avec son frère : vivre de leur musique.
« J'aimerais que Bill et moi formions un groupe qui deviendra célèbre dans le monde entier ! » dit-il en regardant le médiator.
Il ne se passa rien. Tom s'était aussitôt imaginé être catapulté lui et son frère dans une salle immense et chanter devant des milliers de personnes. Mais le garçon ne quitta le lit sur lequel il était assis. Il entendait toujours son frère piailler joyeusement avec Rachel dans la pièce voisine, parlant d'un rendez-vous le week-end prochain. Dépité et pensant sérieusement que le vieux s'était moqué de lui comme l'avait prédit son frère, il se mit en pyjama et s'allongea dans son lit, attendant le sommeil.
Celui-ci ne tarda pas à venir.